Andrea « Burns » Crispini

PowerWaterslide - ©Alex Pittet - Paru dans AJVT Mag

Salut ! Peux-tu te présenter ?

Yeah ! Je m’appelle Andrea Crispini, mais beaucoup de gens m’appellent Burns. J’ai 24 ans et je skate depuis 15 ans. Je skate et je film un peu partout, mais principalement à Genève pour nos vidéos RLS. En ce moment, je filme pas mal avec Romain Grobety et Paul Anguenot pour notre nouveau projet RLS qui va bientôt voir le jour. Ces deux potos sont vraiment motivants, alors c’est avec eux que je partage le plus souvent mes sessions dans la rue !

Raconte-nous ta rencontre avec le skateboard...

J’avais 9 ans, je suis passé en vélo devant un gars qui a tapé un flip avec une board Zero tête de mort rouge. Je suis directement rentré chez moi demander une board ! Et puis c’est parti, comme tout le monde, j’ai skaté des heures sur le trottoir.

Trouves-tu un intérêt ou aimes-tu toutes les disciplines qu’on peut trouver dans ce sport ?

Chercher un spot en particulier dans la rue pour ensuite venir essayer ton meilleur trick en prenant en compte tous les facteurs qui t’empêcheront de plaquer, c’est magique. Tu essayes durant des heures, voire des jours, ton rythme est calé sur les feux de circulations, ton pote en peut plus car il te filme depuis 3 heures, le vieux vient se poser sur le seul curb waxé, les flics, la fissure sur le flat toujours bien placée; tous ces éléments rendent pour moi le street la plus belle pratique. Et puis le bowl ça tue, mais je ne suis pas assez taré !

Quels sont tes influences, tes mentors ou tes sources d’inspiration ?

Quand j’ai commencé le skate, je regardais en boucle les vidéos Cesar Prod. et RedLine. Du coup Greg Hamel et Greg Artisi m’ont beaucoup motivé à rider. Maintenant c’est eux qui sont fières de nous et nous motivent à plaquer dans ce straat ! Ces anciens nous ont montré comment se comporter. Haa, et certainement le plus sytlé, ce bon vieux Pavel Derenkov. En tout cas, au travers de leurs vidéos, ils m’ont clairement tous influencé.

Les spots sont partout/tout est skatable - ©Kim Sbaï

Quelle importance portes-tu à l’environnement ?

Je mets tous les matins mes shoes Vans « Made In China » et je vais au travail avec ma bagnole. Une fois arrivé, j’y fabrique des pièces pour l’horlogerie de luxe… Difficile de lutter de tous les côtés. J’essaie donc de faire les bons choix et de réfléchir à la meilleure façon de consommer. As-tu réellement besoin de cet objet inutile ? Ressens-tu vraiment le besoin d’acheter cette boîte de sushi élevés aux antibiotiques ?

Et ton rapport à la politique ?

J’aimerais bien plus participer et créer des projets culturels mais quand tu te rends compte de la complexité, des proportions que peuvent prendre une seule étape de la validation d’un projet – sans compter que l’argent qui est le maître-mot – le combat politique est démoralisant.

Fs smith ©Alex Pittet Paru dans : That Noise Mag

Comment vois-tu le futur du skate ?

Je pense qu’il y aura toujours, d’un côté, ceux qui vont continuer à filmer et galérer avec leurs cassettes MiniDV coincées dans leur « VX1000 » et leurs pellicules Super 8 surexposées. Et de l’autre, ceux qui filme en 4K au stabilisateur et par drone à 100 m du trick. Mais finalement on s’en fou de la manière, j’espère juste que les riders continueront à s’investirent dans un projet qui demande de l’envie et du travail. Quand on fait un film en s’appliquant au mieux durant plus de 2 ans, on fait 1000 vues sur le net. Quand je fais une story Instagram de mon kebab du soir, 500 vues en 1 heure… Voilà ma crainte, la peur que les nouvelles générations perdent le goût de la vidéo production de Crew, de pote !

Comment vois-tu le futur en général ?

La suite logique de ce que l’humain a toujours fait. Les conflits, la guerre avec prétexte religieux, la création d’objets polluants toujours plus inutiles, la robotisation extrême de notre travail, l’abrutissement progressif de l’humain avec ces « nouvelles technologies », la surveillance pour mieux nous contrôler. Sans oublier les problèmes de la migration climatique et de l’alimentation. Un doux mélange pour notre futur.

Que penses-tu de toutes ces minis et gros skateparks qui poussent ici et là ?

Ça fait plaisir de pouvoir skater tous ces parks, mais je pense qu’il serait plutôt le moment de construire un vrai skatepark couvert pour qu’on puisse vraiment skater en hiver. Car même avec la plus grande motivation, quand il fait -3 degrés tu n’as pas vraiment le courage de skater. La fameuse régression hivernale c’est vraiment pénible.

D’après toi le milieu professionnel (shops, marques, communes, etc.) devrait-il plus s’investir dans des contest ou grosses skate sessions (avec BBC, DJ...) ?

Ben, c’est vrai que c’est toujours sympathique de retrouver des skaters de toute la Suisse durant l’été, mais ils devraient peut-être organiser plus d’événements durant l’hiver qui est pauvre en motivation. En été, il y a 3 contests le même jour,  c’est dommage. Mais bon, j’aime skater en street alors je n’ai pas grand-chose à demander. Haaa Si ! Si les communes pouvaient arrêter de mettre du gravier partout dans leur soit disant « éco-quartier », ça nous arrangerait tous.

Les sessions de pure street en ville à la recherche de nouveaux spots pour toi ça existe encore ?

Bien sûr, heureusement, sinon pour moi le skate serait mort. Le problème c’est tous ces réseaux connectés. Ils polluent l’originalité des nouveaux skaters. Les gamins ne savent pas encore faire ollie qu’ils font déjà des vidéos Instagram. D’ailleurs, ils ne vont même pas apprendre ollie mais Nocomply Ollie pour déjà être au top de la tendance à 10 ans. Il y a tout de même encore plein de jeunes influencés par les grandes vidéos de « pure street » !

Il y a très peu de magazines en français qui parlent vraiment de skateboard et les autres sont durs à trouver. Cela te manque-t- il ou internet te suffit ?

Je reconnais malheureusement que je consomme beaucoup moins de magazines de skate qu’il y a quelques années. Je me demande s’il y réellement de la demande pour plus de magazines. Dans les magazines réputés, il y a toujours les mêmes riders. Il y a donc de forte chance de les retrouver également dans les nouveaux mag.

Un/deux spots à partager ou à faire découvrir à nos lecteurs ?

Oula nan, je ne préfère pas car ceux qui me connaissent savent que les spots que je ride sont bien pourris et que personne ne veut les rider. Chaque coin de rue regorge de spot, il suffit de ne pas écouter ce mec qui dit en session « Haaa nan mais je connais, y’a rien là-bas ». Alors le seul conseil que je peux donner c’est, soit curieux, wax et ride !

©Alex Pittet

Une question que tu as toujours voulu poser?

Je n’ai jamais vraiment voulu poser de questions. Par contre, je veux bien faire un bigup à tous ceux qui participent au nouveau projet RLS. Un grand merci aux potos qui ont été là dès le début; Vincent, Tibet, Paul, Méné, Gitan…

Où est-ce qu’on peut te trouver ?

Dans la rue ou dans un chantier à la recherche du spot parfait. Sinon tu peux suivre nos délires sur le compte : Instagram RLS @rls_straat_gva et sur mon compte personnel @fullsnake.


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