Love Machine 2000

Salut ! Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Juliette aka Love Machine 2000. Je vis à Genève, je suis Franco-Suisse. Je suis apprentie tatoueuse à Inside, rue Ernest-Pictet depuis quelques mois.

Quelle formation, quel parcours t’ont mené ici ?

J’ai fait deux ans d’études artistiques à Lyon après mon bac, mais j’étais un peu jeune, je n’avais pas encore d’identité et de personnalité artistique. J’ai toujours dessiné, testé des choses. Je suis de nature curieuse et je peux essayer un tas de disciplines jusqu’à ce que je me lasse. Il n’y a que la pratique de l’illustration et du graffiti que je n’ai jamais laissé tomber.

Comment trouves-tu l’inspiration ?

Dans les livres traitant de la culture artistique d’Extrême-Orient, les anims japonaises, au musée, en regardant autour de moi, dans la rue, en voyage...

 Quelles sont tes influences et sources d’inspiration ? ou qui sont tes mentors ?

Les estampes japonaises, l’anim « Mononoké » traitant des Yokaï, les héroïnes badass de toutes cultures confondues... Dans le monde du tatouage, j’admire beaucoup le travail de Suzani que j’ai découverte tard et on a clairement un univers en commun, Miki Kim également.

As-tu un processus de travail ?

En général, j’ai une idée qui me vient comme ça, n’importe où. Je vais la sketcher au crayon gris sur une feuille. Ensuite,
lorsque je suis contente du mouvement général, je vais « encrer » avec mon Ipad depuis la photo de mon sketch. Je n’arrive pas du tout à dessiner en partant du support numérique. Pour les affiches, je fais tout à la main. Il m’arrive aussi de peindre sur des skates, ou de faire des aquarelles. Le numérique est un bon outil pour gagner du temps, mais ça ne me plaît pas autant que les supports matériels ou que la peau.

As-tu d’autres passions/talents/passe-temps ?

Mon autre passe-temps est le graffiti...

Quelle importance portes-tu à l’environnement ?

Je pense être consciente de la nécessité de changer de comportements, et au moment où je réponds à cet interview, nous sommes en plein confinement dû au Covid-19 qui pour moi est une réponse très claire de la Nature aux comportements humains destructeurs. Il a commencé par toucher les pays les plus industrialisés et capitalistes, et provient d’un animal braconné essentiel à l’écosystème dans lequel il vit. Il est temps que les êtres humains comprennent qu’on ne peut pas pourrir la planète sans en payer le prix. Globalement, ça me rend assez mélancolique et triste.

Et ton rapport à la politique ?

J’ai été quelqu’un d’assez engagé il y a quelques années (en France). Maintenant, je me tiens informée, je vote lorsque je comprends pourquoi je vote. Mais globalement, je trouve la politique hypocrite.

Comment vois-tu ton futur ?

J’espère vivre du tatouage et de l’art en général. J’espère voyager tout en travaillant. Je m’imagine avec mon fils adolescent puis adulte avec qui j’espère maintenir une relation chouette et complice. Et surtout mon objectif principal est d’avoir une vieille petite maison de campagne avec un jardin et un mur en vieilles pierres et un pommier... et là j’adopterai un berger allemand sûrement !

Et notre avenir ?

After Covid-19, j’espère qu’il y aura de vrais changements dans la politique environnementale mondiale, que nous allons sortir grandis et tirer des leçons de ce tragique épisode... Mais faut pas rêver !

On sait que c’est dur de vivre de son talent. As-tu une astuce ou un conseil ?

Il faut travailler. Je n’ai pas d’autres conseils, donner le meilleur de soi, croire fort en ce qu’on souhaite pour notre avenir. Faire des pensées créatives avec conviction. Aujourd’hui, la visibilité que je commence à avoir est le fruit de plusieurs années de travail dans l’anonymat et une exposition que j’ai faite à l’Association La Galerie aux Grottes. Et être culotté, faut se faire une place. Proposer des choses et ne pas se laisser décourager par des échecs et les autres.

C’est un peu une obligation d’être présent sur le net (réseaux sociaux, site, etc.); comment le vis-tu ?

Pour ma part, j’utilise surtout Instagram. Je ne peux pas vraiment y échapper pour la diffusion de mes dessins, pour la clientèle du tatouage qui passe clairement par ce média. Mais je poste à n’importe quelle heure, je ne réfléchis pas trop. C’est très énergivore. Je n’y prends pas beaucoup de plaisir. Il faut toujours être à fond, c’est chiant. Je parcours un peu les stories et le fil des photos mais tout doux parce que ça peut vite me décourager aussi. Il faut savoir garder confiance en soi face à tous ces réseaux.

 

Comment te sens-tu face à la multitude d’artistes, plus ou moins talentueux, présents sur ces plateformes ?

Parfois je pâlis un peu, c’est dur, il y a une telle richesse créative sur les réseaux qu’on peut se sentir parfois merdique. Mais je me dis que tout le monde à sa place. On voit quand même passer des trucs de personnes qui peuvent vivre à des milliers de kilomètres de toi, donc ce qui m’importe moi, c’est de toucher les gens qui sont dans un périmètre où l’on peut échanger, des personnes qui pourraient venir se faire tatouer. Bien sûr ce serait super d’envoyer une de mes affiches à quelqu’un sur un autre continent mais il y a de la place pour tout le monde puisque même dans des styles plus ou moins similaires, il y aura toujours autant de diversité, qu’il y a d’humains.

Un coup de cœur à partager ?

Le tableau « La vague » de Carlos Schwabe visible au Musée d’Art et d’Histoire de Genève. Il me terrasse. Il est tout ce que j’aime et il a l’énergie que je recherche dans mes dessins (même si j’en suis loin !)

Une question que toi tu as toujours voulu poser*:

Comment percevez-vous l’identité probable derrière Love Machine 2000 ?

*Donnez votre réponse dans les commentaires !

Où est-ce qu’on peut te trouver ?

Au shop Inside Piercing-Tattoo, à la rue Ernest Pictet 22, quartier Servette-Vieusseux et sur ma page love.machine2000


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