Pierandré Boo

Salut ! Peux-tu te présenter ?

Enfant solitaire, hyperactif et mélancolique, limite autiste, je ne comprenais pas pourquoi il fallait que je sorte de ma chambre où je créais toutes sortes d’univers pour me mêler aux autres enfants. Je ne comprends pas vraiment mieux, mais de belles rencontres au fil de mon parcours m’ont aidé à accepter d’être parmi les humains. Artiste polymorphe, j'ai choisi dès l’apparition de mon altière ego Greta Gratos de lui céder toute ma part créatrice pour me concentrer sur mon métier d’acteur. Sous mes doigts c’est désormais elle qui signe tout ce que je produis.

Quelle est ta formation (ou le parcours) qui t’a mené ici ?

Après le parcours classique, je me suis retrouvé au collège en artistique arts-visuels. Je voulais me présenter aux Beaux-Arts (ancêtre de la HEAD), mais juste avant de déposer mon dossier j’ai assisté à un  jury et les commentaires des jurés m’ont désespéré. Alors j’ai tout brûlé et suis entré à l’Université en Droit, pensant que j’allais pouvoir sauver la veuve et l’orphelin. J’ai très vite déchanté et décidé de devenir acteur. Mais là aussi le contexte de formation ne m’a pas convenu et j’ai réalisé que c’était sur le terrain que j’apprendrais le mieux.

Comment trouves-tu l’inspiration ?

C’est plutôt l’inspiration qui me trouve. Mon esprit est perpétuellement envahi par les idées qui fusent sans cesse de toute part et j’essaie d’être disponible à tout ce magma pour donner forme ici et là à des projets.

Quels sont tes influences, tes mentors ?

Les contes et mythologies dont j’ai été nourri dès l’enfance. Tout ce qui parle de la nature humaine profonde et des rapports plus ou moins difficiles qu’entretiennent les individus avec le Monde. L’unicité de chaque être qui échappe aux normes établies.

As-tu un processus de travail ?

Je ne réfléchis pas. Ou plutôt, ce sont les choses qui réfléchissent pour moi. Je pars d’un détail qui a capté mon attention et laisse les choses se développer en me mettant à leur service pour voir où elles vont me mener et tenter de faire émerger le sens qu’elles contiennent déjà, un peu à la manière d’un sculpteur qui ne fait que dégager l’œuvre déjà inscrite dans le bloc de pierre.

As-tu d’autres passions/talents/passe-temps ?

Regarder la mer, quand je me trouve auprès d’elle (trop rarement à mon goût) et me perdre dans la contemplation des vagues et de l’horizon. Plonger entièrement dans les nervures d’une feuille tombée au sol, suivre les mouvements des ciels et des eaux pendant des heures. Rêver et... ne rien faire.

Quelle importance portes-tu à l’environnement ?

J’ai toujours été conscient que, minuscule,  je faisais partie d’un tout, que tout ce qui m’entourait dans la nature était comme moi composé principalement d’eau et qu’il était primordial de porter attention à cette énorme créature qu’est notre planète et qui nous accueille sur son dos. Que chacun de nos gestes, chacune de nos actions, entraîne de sa part des réactions, plus ou moins proportionnelles.

Et ton rapport à la politique ?

Pour répondre à la question, je passe la parole à Greta qui disait (dans sa période vodkaïnomane) : « Mon cœur est à gauche, à droite est mon foie. Voilà pourquoi je bois : pour noyer mon foie ». Et j’ajouterais : sans esclaves il n’y a pas de maîtres, sans soldats il n’y a pas d’armées, sans frontières il n’y a pas d’étranger-ère-s. Quant aux politicien-ne-s, peu d’entre eux-elles trouvent grâce à mes yeux. Ils et elles se perdent trop souvent dans des petits jeux de pouvoir et oublient d’œuvrer pour le bien-être de tou-te-s.

Comment vois-tu ton futur ?

Je vis le plus possible au présent, au jour le jour.

Et notre avenir ?

Ça dépend de mon humeur. Les rapports de force, les hiérarchies, les cadres et les frontières me fatiguent, infiniment. Je sais depuis longtemps que je ne changerai pas le Monde et qu’il faudrait un élan formidable des consciences pour que notre avenir soit meilleur. Mais pour que cela soit, il faudrait que nous acceptions que si nous sommes chacun-e le nombril du Monde il y en a sur Terre quelques milliards d’autres, que nous ne sommes rien de plus ni de moins qu’une goutte dans un océan d’âmes humaines.

On sait que c’est dur de vivre de son talent. As-tu une astuce ou un conseil ?

Je ne suis pas très doué à ce niveau-là. Ce que je réponds aux jeunes qui me posent la question c’est que soit ils et elles désirent vivre confortablement de leur art et alors doivent être prêt-e-s à faire pas mal de concessions artistiquement parlant, soit ils et elles sont prêt-e-s à ne pas savoir de quoi demain sera fait et à vivre de peu, laissant leurs talents se développer sans tenir compte des rentabilités et des marchés existants. Et puis, il y a aussi un facteur chance ou hasard dû aux rencontres et à l’air du temps. Mais ça, c’est une autre histoire.

C’est un peu une obligation d’être présent sur le net (réseaux sociaux, site, etc.); comment le vis-tu ?

Amusant, fatiguant, lassant, drôle, épuisant, stimulant, touchant, bizarre, enrichissant... mangeur de temps. Je me demande parfois pourquoi y rester et puis je respire un grand coup en me disant que si vraiment ça ne me convient plus, je peux me retirer. Alors, je reste encore un moment.

Comment te sens-tu face à la multitude d’artistes, plus ou moins talentueux, présents sur ces plateformes ?

J’aime découvrir des univers qui ne sont pas les miens et suivre des trajectoires auxquelles je n’aurais peut-être pas eu accès si ces plateformes n’existaient pas. Je m’y ballade un peu comme dans une ville inconnue et me laisse capter ici ou là au gré de mes humeurs. Et parfois j’y fais des rencontres imprévues qui aboutissent à de beaux projets communs.

Un coup de cœur à partager ?

J’en ai tellement que la liste serait longue. Je dirais : chaque fois que je sens un-e artiste intimement mêlé-e à son œuvre, qu’il ou elle nous amène à nous interroger et à mieux comprendre qui nous sommes.

Une question que toi tu as toujours voulu poser*:

Je ne me suis jamais, jamais posé la question (et me pose toujours plein de questions) mais, puisqu’il faut répondre : que pensez-vous, vous... de cette question ?

*Donnez votre réponse dans les commentaires !

Où est-ce qu’on peut te trouver ?

https://www.facebook.com/greta.gratos

Les illustrations présentées sont pour « Les contes de la Dame sombre : Glindaluna, fille du Vent », en cours d’écriture.

facebook.com/GretaGratos
instagram.com/gretagratos1010


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